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La psychanalyse est une discipline fondée par Sigmund Freud qui propose un modèle théorique du psychisme impliquant l'inconscient, ainsi qu'une méthode d'investigation de ce dernier. La psychanalyse est aussi considérée comme une pratique clinique spécifique. Trois œuvres majeures marquent cette invention de la psychanalyse par Freud,dans les années 1900, tout d'abord celle de L'interprétation des rêves, Psychopathologie de la vie quotidienne et enfin Le trait d'esprit dans ses rapports avec l'inconscient. Si ces trois œuvres sont majeures c'est parce qu'elles nous permettent de mesurer en quoi l'inconscient mais aussi les symptômes ont toujours une structure langagière. Ce qui explique en quoi c'est par la parole que la psychanalyse agit. C'est en parlant à un analyste que l'analysant, allongé sur un divan, se délivre de cette parole bâillonnée qu'est le symptôme. On peut découvrir cette progressive invention de la psychanalyse par Freud dans les lettres qu'il a écrites presque au jour le jour à son ami, Willem Fliess. Cet ouvrage a pour titre Naissance de la psychanalyse.
La psychanalyse regroupe trois axes de réflexions et d'études :
* un corpus de théories issues de l'expérience analytique, participant à la conceptualisation de l'appareil psychique ; ensemble constituant la métapsychologie (dont les trois principes organisent le fonctionnement psychique : la perspective topique, dynamique, économique) ;
* une méthode d'investigation des processus psychiques dans leur ensemble et des significations inconscientes de la parole, du comportement ou des productions de l'imagination (voir plus bas) ; Lacan relisant Freud a isolé quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse qui sont respectivement l'inconscient, le transfert, la répétition et la pulsion. C'est sur ces quatre concepts qu'est fondé le travail de l'analysant, au cours de son analyse, et le rôle qu'y joue l'analyste par ses interprétations.
* la cure psychanalytique par la méthode de la libre association. Cette expérience, qui nait souvent d'une demande de guérison, s'éloigne au fur et à mesure de l'expérience de l'opposition malade/sain, pour interroger le désir inconscient à l'œuvre dans la condition humaine. C'est pourquoi Freud précise que si la psychanalyse est « une méthode de traitement des désordres névrotiques », son but ultime n'est pas de guérir en abrasant le symptôme, mais d'aboutir à «la récupération de ses facultés d'agir et de jouir de l'existence». Dès lors, la psychanalyse ne se réduit pas seulement à une psychothérapie et ce sujet fait l'objet de controverses entre différents courants, ni l'analysant à un malade. La psychothérapie psychanalytique existe bel et bien et se rapproche plus d'un traitement au sens habituel du terme. Il est cependant indéniable que la cure type produit des effets en profondeur et qu'elle peut-être une indication de premier choix pour des personnes souffrant de troubles psychiques qui entrainent une souffrance bien réelle et qui sont prêts à s'engager dans un telle aventure.
Aujourd'hui les recherches en psychologie clinique utilisent pour une part les apports de la théorie et de l'expérience de la psychanalyse et beaucoup d'institutions d'hygiène mentale et de travail social s'y réfèrent dans leur projet. De manière plus générale, la psychanalyse s'inscrit dans l'ensemble des connaissances et des pratiques, dont l'approche théorico-clinique est d'orientation psychodynamique. Autrement dit, les théories psychanalytiques ont introduit une conception dynamique de la vie mentale puisqu'elles ont permis d'envisager le symptôme, non plus isolément, mais en fonction de l'histoire passée, des vicissitudes du développement psychologique et de leur ré actualisation possible. Cette perspective a permis d'envisager un contenu significatif pertinent aux symptômes considérés comme porteurs d'un désir refoulé, représentatifs d'un compromis, prenant alors place dans l'équilibre personnel et unique qu'est l'économie psychique globale du sujet.
Le terme « psychanalyse » fait explicitement référence à l'analyse (chimique) selon le souhait de Freud qui voulait ainsi souligner l'analogie existant entre le chimiste décomposant un élément élaboré pour en retrouver la substance fondamentale, et le travail du médecin qui se doit de découvrir à travers le symptôme les notions pulsionnelles sous-jacentes. Dans un article de 1910 (Über "wilde" Psychoanalyse), Sigmund Freud critique le travail de certains médecins qui pratiquent la « psychanalyse sauvage » sans maitriser totalement les notions de cette nouvelle discipline.
La formation du psychanalyste, définie par Freud et telle qu'elle est recommandée par les différentes Sociétés de psychanalyse, repose généralement sur une analyse didactique (le futur psychanalyste est lui-même en analyse), à laquelle peuvent succéder une ou deux psychanalyses contrôlées : tout en conduisant une cure analytique, le psychanalyste en cours de formation est en relation avec un autre analyste afin d'apprendre à repérer le transfert et surtout à savoir repérer et analyser le contre-transfert pour mieux comprendre la dynamique de la cure.
Le terme de psychanalyse apparait pour la première fois en français, le 30 mars 1896, mais ce n'est que le 15 mai de cette même année qu'il est publié en allemand. Alors qu'Ernest Jones précise : « les deux articles furent expédiés le même jour ». [1
L'évènement fondateur de ce qui va devenir la psychanalyse a été la participation de Freud aux travaux du neurologue Jean-Martin Charcot sur l'hystérie (dysfonctionnement du corps sans origine physiologique), avec notamment l'utilisation de l'hypnose. La psychanalyse à proprement parler a en effet été précédée de deux phases dans les recherches de Freud :
* la méthode cathartique, qui doit beaucoup à Joseph Breuer, et qui consiste à mettre le patient sous hypnose afin de découvrir l'origine des symptômes hystériques. Symptômes qui, nous dit Freud, disparaissent lorsqu'on répète au malade une fois réveillé ce qu'il a révélé sous hypnose. La remémoration et la ré actualisation émotionnelle des scènes traumatiques conduisent alors à la guérison. C'est cette méthode qu'Anna O. appelait aussi « talking cure ». Mais l'hypnose « est un procédé incertain et qui a quelque chose de mystique » : mal dégagée du mesmérisme auquel elle est encore associée, elle ne permet de réduire que temporairement les contractures hystériques ;
* l'association libre, qui vise à pratiquer la catharsis sans l'hypnose. Freud cherche alors à favoriser la remémoration en invitant le patient à dire librement ce qui lui vient à l'esprit, et en travaillant sur les chaines associatives. « Procédé pénible et épuisant à la longue », observe-t-il dans les Cinq leçons sur la psychanalyse, « qui ne pouvait s'imposer comme une technique définitive ».
Ceci permet de mieux comprendre les diverses appréciations de Freud lui-même quant à la naissance de la psychanalyse :
- en 1909, dans les Cinq leçons : « Ce n'est pas à moi que revient le mérite - si c'en est un - d'avoir mis au monde la psychanalyse. Je n'ai pas participé à ses premiers commencements » ;
- en 1916, dans Introduction à la psychanalyse : « Je suis donc en droit de dire que la psychanalyse proprement dite ne date que du jour où on a renoncé à avoir recours à l'hypnose » ;
- en 1923, dans les Essais de psychanalyse : « La méthode catharsique est le précurseur immédiat de la psychanalyse. Elle contient encore cette méthode en elle-même comme son noyau ».
Freud pratiqua donc l'hypnose un certain temps. Avec Joseph Breuer, ils délaissent la thèse de Janet d'une fragilité constitutionnelle pour s'attaquer à la réalité de l'hystérie : ainsi paraissent en 1895 les Études sur l'hystérie.
Mais bientôt Freud se démarquait de Breuer, en acceptant l'importance de la dynamique sexuelle dans le développement de la psychopathologie. L'hystérie est alors conçue comme conséquence d'un trauma sexuel. Cette approche permettait ensuite de comprendre la névrose obsessionnelle, ainsi que la phobie, également nommée hystérie d'angoisse.
Les premiers adeptes de la psychanalyse contribuent les premiers à des débats très vifs et nombreux où ils font valoir leurs propres idées. Ainsi Carl Gustav Jung, Sándor Ferenczi, et bien d'autres sont entendus, lus, commentés par Freud qui critique les positions qui lui paraissent divergentes par rapport aux principes qu'il pense assurés par les travaux antérieurs. Ce qui ne l'empêche pas d'évoluer et d'accepter des points de vue qu'il intègre ensuite dans le corps de la théorie, par exemple le passage de la première topique à la seconde topique qui fait davantage de place aux pulsions agressives et de mort. Ainsi, plus particulièrement vers 1920, la théorie freudienne connait d'importants remaniements, qui sans dénoncer comme erronée la théorie antérieure, en montrent à la fois les limites et en proposent un élargissement considérable. De nombreux auteurs et critiques ne tiennent pas compte de ces derniers remaniements comme si le travail de Freud s'était arrêté à la première topique (cela est nettement perceptible dans les critiques récurrentes auxquelles Freud avait déjà répondu dans les années 1920 et 1930...)
En 1933, à propos du nazisme régnant alors en Allemagne, un des élèves de Freud, Wilhelm Reich écrit un ouvrage important La psychologie de masse du fascisme (Massenpsychologie des Faschismus). Les nazis considéraient la psychanalyse comme une « science juive », de nombreux psychanalystes juifs durent quitter l'Allemagne nazie pour émigrer ailleurs en Europe et aux États-Unis. Lors de l'invasion de l'Autriche par les nazis en 1938, Anna Freud est arrêtée par la Gestapo, puis relâchée le soir même, ce qui décide Freud à quitter Vienne pour s'installer à Londres.
Freud laisse ouvertes de nombreuses questions et selon les auteurs l'accent sera mis sur différentes approches dans un débat international qui dure en ce début du XXIe siècle.
L'essentiel de ces débats internes à la psychanalyse porte sur l'enrichissement des concepts freudiens tout en conservant les exigences de rigueur sur les principes essentiels, scientifiques dans l'exploration de ce champ d'études et éthiques dans la pratique de la cure.
Le débat externe à la psychanalyse est conduit par les tenants d'une conception scientifique réductionniste : tous les phénomènes psychologiques, y compris ceux étudiés par la psychanalyse, seraient explicables par la biologie du cerveau. Cette position effectue donc le chemin inverse de celui de Freud. Ce dernier n'excluait pas la possibilité de donner un fondement physiologique à ses recherches : il écrit en 1895, un an après les travaux de Sigmund Exner sur la même question, l'Esquisse pour une psychologie scientifique dans laquelle il met en place les notions de « quantité nerveuse » (Qn), de « frayage de route », et d'« inhibition », qui détermineront plus tard, au plan psychologique, celles de refoulement ou de conversion. Mais on connait encore mal à cette époque les phénomènes de la transmission nerveuse et les relations synaptiques entre les neurones, neurones que Freud conçoit comme simples réservoirs et véhicules d'une énergie nerveuse qui leur vient d'une source externe (qu'elle soit organique ou sensorielle). L’Esquisse n'aura pas de suite (ne sera pas publiée de son vivant, mais envoyée à son ami Fliess, et retrouvée par hasard chez un bouquiniste après sa mort), et Freud ne trouvant pas d'explication satisfaisante aux troubles psychologiques sans lésions anatomo-physiologiques, se tournera vers une conception proprement psychologique de ces phénomènes psychopathologiques.
C'est la raison pour laquelle Freud a nommé son approche «métapsychologie » pour bien marquer la différence aussi bien avec la conception spiritualiste et philosophique de la psychologie de son temps, qu'avec la psychologie caractérologique et psychophysiologique qui s'appuyait sur des mesures de temps de réaction, par exemple, et les réflexes.
Aujourd'hui, soit on nie toute crédibilité à la psychanalyse soit au contraire quelques neuroscientifiques trouvent que les descriptions biologiques du cerveau qu’ils proposent aujourd’hui s’intègrent bien dans le cadre théorique élaboré par Freud il y a un siècle. La psychanalyse traverse au moins dans les pays anglo-saxons et nordiques, une grave crise et de profondes remises en question. La difficulté d'évaluer l'efficacité d'un point de vue quantitatif reste une question. L'inconscient, les théories sur la sexualité infantile restent par ailleurs toujours un sujet de blessures narcissiques dans une époque marquée par l'illusion du «tout gérable » en matière d'émotions et de vie psychique.
La psychanalyse n'est pas qu'un ensemble théorique, une métapsychologie, c'est également une méthode d'exploration du psychisme humain. Cette méthode peut être appliquée afin d'étudier des œuvres d'art, des philosophies, etc. L'exploration du psychisme elle, se fait par diverses techniques :
* L'interprétation des rêves qui sont, selon Freud, « la voie royale à la connaissance de l'inconscient ». L'analyse du rêve permet de découvrir les mécanismes de symbolisation du psychisme.
* L'analyse des actes du quotidien :
o Les lapsus, les oublis, les négligences : ces actes manqués traduisent un conflit psychique qui met en jeu une tendance consciente et une autre, pré-consciente ou inconsciente, qui vient troubler le déroulement normal de la première. L'observation de ces tendances contradictoires permet de rendre vraisemblable l'hypothèse de l'inconscient.
Quand un analysant rencontre pour la première fois un analyste, sans doute lui décrit-il tout d’abord ses angoisses, ses symptômes, et ses inhibitions, il parle aussi des circonstances de sa vie mais très vite, il commence à évoquer ses souvenirs d’enfance. Or Freud a donné à quelques uns de ces souvenirs un nom plus précis, celui de « souvenirs-écrans ». C’est assez dire que ces souvenirs ne sont pas à prendre pour argent comptant, mais que, par contre, ils sont à prendre à la lettre, c'est-à-dire qu’ils sont à déchiffrer tout à fait comme le texte d’un rêve. Un souvenir-écran doit être interprété, car derrière des évènements apparemment anodins, sans intérêt, se cachent les évènements les plus importants de la vie du sujet, ce qu’on peut qualifier d’événements traumatiques, à condition bien sûr de donner à ce qualificatif sa portée exacte.
Freud a consacré deux textes à ces souvenirs-écrans, un daté de 1899, « Sur les souvenirs-écrans », le second, qui fait partie de La psychopathologie de la vie quotidienne, a pour titre « souvenirs d’enfance et souvenirs-écrans ». Le titre est en lui-même intéressant puisque il pose que tous les souvenirs d’enfance ne seraient donc pas des souvenirs-écrans.
Il écrit, dans ce dernier texte : « je suis parti de ce fait bizarre que les premiers souvenirs d’enfance d’une personne se rapportent le plus souvent à des choses indifférentes et secondaires, alors qu’il ne reste dans la mémoire des adultes aucune trace (je parle d’une façon générale, non absolue) des impressions fortes et affectives de cette époque ». Tout a sombré dans l’amnésie des premières années de l’enfance, tout, sauf quelques souvenirs souvent indifférents mais de plus incongrus. Un des exemples de ces souvenirs-écrans que Freud nous indique est très intéressant car il nous démontre à quel point Freud était un lacanien avant la lettre et que, dans le déchiffrage de toutes ces petites formations de l’inconscient, il procédait toujours comme un linguiste, alors que la linguistique en tant que science n’avait même pas encore été inventée. Un homme, l’un de ses analysants, ayant déjà eu beaucoup de déboires dans sa vie sentimentale, était l’aîné de neuf enfants et, il était âgé de quinze ans, lorsque naquit sa dernière petite sœur. Or il semblait ne garder aucun souvenir d’avoir vu sa mère enceinte, alors que pendant ces quinze années, cela aurait du pour le moins le frapper. Seul un souvenir-écran lui permit d’en prendre conscience : Il « finit par se rappeler qu’à l’âge de onze ou douze ans il vit un jour sa mère défaire hâtivement sa jupe devant une glace… Il complète ce souvenir en disant que ce jour-là sa mère venait de rentrer et s’était sentie prise de douleurs inattendues. Or, le délaçage ( Aufbinden) de la jupe n’apparaît dans ce cas que comme un souvenir-écran pour accouchement (Entbindung). Il s’agit là d’un « pont verbal » dont nous retrouverons l’usage dans d’autres cas ». En tout cas, c’est ce pont verbal AUFBINDEN [2] === ENTBINDUNG [3]qui permet de franchir cet écran du délaçage de la jupe à la mise au monde de l’un de ses nombreux frères et sœurs : neuf au total !
Parmi ces souvenirs d'enfance analysés par Freud, l'un sert de référence magistrale, celui de Goethe [2]
L'hypnose qu'utilisaient Joseph Breuer et Jean-Martin Charcot est une méthode qui ne put satisfaire Freud qu'un temps, ne convenant pas à tous les patients et n'allant pas de pair avec un travail au long terme sur le transfert. Pour la remplacer, Sigmund Freud utilisera un principe qu'il attribue à Jung, principe suivant lequel une idée qui se présente à l'esprit ne peut être arbitraire et doit donc avoir un antécédent déterminé. Dans les Cinq leçons sur la psychanalyse, il précise ainsi sa pensée :
« Vous remarquerez déjà que le psychanalyste se distingue par sa foi dans le déterminisme de la vie psychique. Celle-ci n'a, à ses yeux, rien d'arbitraire ni de fortuit ; il imagine une cause particulière là où, d'habitude, on n'a pas l'idée d'en supposer. »
Le rêve n'est donc pas le théâtre d'images hallucinatoires dépourvues de sens, le lapsus n'est pas un simple accident sans conséquence, pas plus qu'une idée ne traverse l'esprit sans raison apparente. L'idée subit une déformation plus ou moins forte avant de parvenir à la conscience, mais conserve toujours, selon l'hypothèse, une certaine "ressemblance" avec ce dont elle est la manifestation. Tous ces phénomènes peuvent donc faire l'objet d'une méthode d'interprétation qui révèle l'existence de tendances non-conscientes, refoulées par l'individu. Sans doute faut-il voir dans l'affirmation de ce principe le souci de Freud de hisser la psychanalyse au rang de science. « On nous conteste de tous côtés le droit d'admettre un psychique inconscient et de travailler scientifiquement avec cette hypothèse », proteste-t-il en 1915 (in Métapsychologie). Mais le principe du déterminisme, qui est le requisit de toute science expérimentale, est bien la « foi » du psychanalyste : pas plus dans le monde psychique que dans le monde physique, un phénomène ne peut se produire sans cause.
« Bien plus : il fait souvent appel à plusieurs causes, à une multiple motivation, pour rendre compte d'un phénomène psychique, alors que d'habitude on se déclare satisfait avec une seule cause pour chaque phénomène psychologique. (op. cit) »
Pour Freud, tout acte psychique a un sens ; le rêve doit donc posséder un sens susceptible d'interprétation. La méthode d'interprétation sera une transposition de la méthode pour le traitement des troubles psychiques, car, selon lui, il y a des analogies entre ces derniers et la vie onirique. Comme dans un symptôme, la conscience perçoit des idées qui lui sont étrangères et dont elle ignore l'origine. La méthode sera fondée sur le même principe de déterminisme psychique : le patient énonçant librement une suite d'idées se rapportant à son rêve doit pouvoir s'en faire lui-même l'interprète.
La thèse de Freud sur le rêve est que celui-ci est la réalisation d'un désir. Le rêve de l'adulte est en ce sens identique au rêve de l'enfant, mais il est déformé par les nombreux interdits qui résultent de l'éducation et de la culture.
Le rêve est composé du contenu manifeste et du contenu latent. Le travail du rêve est celui des mécanismes psychiques qui déforment le contenu latent ; le travail d'analyse consiste à interpréter le contenu manifeste pour retrouver le sens caché. Cette interprétation passe donc par le travail d'analyse du rêve.
Types de rêves [modifier]
Dans sa première théorisation Freud distinguait trois types de rêves suivant la relation des contenus :
* rêves simples et non voilés, c'est-à-dire que contenus manifeste et latent sont identiques : rêves d'enfants, réalisation de désirs (rêve de confort) ;
* rêves cohérents mais en apparence immotivés ;
* rêves incohérents, absurdes ; ce sont souvent les rêves les plus longs.
Mécanismes du rêve [modifier]
Freud distingue plusieurs mécanismes psychiques :
* La dramatisation : la production du rêve se situe dans un contexte narratif (histoire, fable, mythologie) ou transformation d'une pensée en situation ;
* La figuration : tout rêve est une expression métaphorique (imagée), sous forme de sensations visuelles accompagnées d'affects ou sous forme de rébus ;
* La condensation : le rêve représente par un seul élément du contenu manifeste une multiplicité d'éléments (image, représentation...) du contenu latent. Inversement, un seul élément du contenu latent peut être représenté par plusieurs éléments du contenu manifeste. C'est un travail de « compression » dont Freud dit qu'il est différent d'un simple résumé. Par exemple, une personne peut tout à coup revêtir l'apparence d'une autre et prendre le caractère d'une troisième ;
* Le déplacement : procédé par lequel un trait secondaire ou un détail insignifiant dans le récit acquiert dans l'interprétation une valeur centrale. Il n'y a pas de correspondance entre l'intensité psychique d'un élément donné du contenu manifeste et celle des éléments du contenu latent auquel il est associé.
Freud en vient, en 1905, à appliquer le principe du déterminisme psychique afin d'expliquer les comportements les plus habituels. À partir de la maladie, à partir des théories que lui inspirèrent la névrose, Freud analyse les comportements qui relèvent du commun : l'analyse va du pathologique vers le normal.
Si le rêve est un processus particulier réservé à une partie du vécu seulement, la psychopathologie de la vie quotidienne affirme le « pouvoir » d'interprétation de la psychanalyse quant à la vie de tous les jours. Les erreurs de langage, les oublis, les mots d'esprit deviennent des révélateurs de tendances psychiques inconscientes chez tout un chacun.
Le livre que Freud publie en 1905 ne vaut cependant que comme application du modèle théorique de la psychanalyse afin d'interpréter, car si ce modèle sera remanié bien des fois - il l'est encore - , les premiers modèles psychanalytiques de l'esprit humain apparaissent dès avant 1900.
Avec l'interprétation des rêves et le livre sur le rapport du mot d'esprit à l'inconscient, la psychopathologie de la vie quotidienne met en évidence la structuration de l'inconscient comme un langage, ce que Lacan reprend dans son enseignement.
La psychanalyse est une interprétation de certains actes humains en termes psychiques – qui en restitue le sens. Certaines actions sont perçues comme « involontaires », et pourtant ne sont pas des réflexes dont certains proviennent bien d'un ordre du cerveau : ce sont par exemple les lapsus, les actes manqués, ou les symptômes sans cause physique (hystérie, à distinguer des maladies psychosomatiques). Ces apparentes erreurs, ces symptômes, actes manqués, sont d'une certaine manière des actes réussis puisqu'ils sont un compromis qui révèlent le conflit sous-jacent ou qui sont la satisfaction d'un désir. Ainsi le rêve permet au dormeur de se voir réalisant ses souhaits et peut continuer de dormir sans être réveillé par une frustration.
Croisement des deux topiques freudienne.
La psychanalyse modélise l'appareil psychique par des « topiques », qui indiquent des « lieux », non pas au sens propre, mais des systèmes structurés qui s'articulent entre eux selon une dynamique. Freud a défini un grand nombre de concepts « métapsychologiques » pour parvenir à décrire cet appareil psychique que nous savons complexe et dont nous n'avons encore que des aperçus partiels.
Dès 1895, Freud élabore une première topique : celle qui distingue le conscient, le préconscient (autrement dit, la mémoire accessible), et l'inconscient, comprenant notamment les souvenirs refoulés, inaccessibles.
En 1920, pour résoudre de nombreuses questions qui émergent dans les cures, Freud crée une seconde topique : elle distingue le Ça, pôle pulsionnel inconscient de la personnalité, le Moi et le Surmoi. Le Moi doit assurer une adaptation à la réalité, là où le Ça ne se préoccupe pas des contraintes extérieures. Mais, le Moi est aussi le responsable de nombreuses « défenses » pathologiques. Le Surmoi est l'intériorisation de l'interdit parental - Freud voyait l'émergence du Surmoi comme tardive, mais des psychanalystes comme Melanie Klein ont pensé le Surmoi comme existant très précocement chez l'enfant. Le Surmoi se constitue comme le pôle de l'autoagression, l'autocritique.
Mais le moteur qui dynamise tout cet appareil, c'est la pulsion, comme l'affirmera Lacan en reprenant à la lettre le mot de Freud Trieb (pulsion), fautivement traduit dans les premières traductions par instinct. Retenons qu'elle naît dans le Ça, pur désir sans intégration à la personnalité et sans considération pratique, et qu'elle sera intégrée, remaniée, par le Moi. Sous la pression du Surmoi, le Moi refoulera éventuellement cette pulsion, la rendant inconsciente et névrotique.
La pulsion a plusieurs formes : pulsion d'autoconservation – comme la faim –, pulsion sexuelle – pouvant être sublimée, ou pouvant passer de voir à être vu, etc. – et pulsion de mort, cette tendance à l'auto-annihilation que la Première Guerre mondiale révéla à Freud.
Il existe un inconscient psychologique, une pensée et une volonté cachées, et différentes des pensées et volontés conscientes.
Dans Cinq leçons sur la psychanalyse, Freud formule l'hypothèse que l'hystérie (ou névrose de transfert) est le résultat de l'impossibilité pour une personne de refouler entièrement un désir insupportable qui se présente à la conscience et qui produit un substitut, appelé symptôme, conservant les affects de malaise liés au désir rejeté de la conscience.
Or, ce refoulement pose deux questions décisives pour l'interprétation psychanalytique :
* Quelle est la nature de ces désirs qui sont rejetés hors de la conscience ?
* Quelle est la nature de ce refoulement, comment opère-t-il ?
Le rêve permettrait donc de mettre à jour les mécanismes psychiques qui traduisent un contenu latent en contenu manifeste pour la conscience ; contenu manifeste fruit du travail du rêve, c'est-à-dire le compromis entre désir et interdit. Ces mécanismes supposent que le psychisme est excité par des stimuli divers, dont la source est corporelle mais dont la représentation est psychique : c'est la pulsion. Dans Les Trois essais sur la théorie sexuelle, Freud explique que c'est un concept limite se trouvant entre le psychique et le somatique. Justement, comment une pulsion existe-t-elle psychiquement ?
En fait, une pulsion est représentée par une représentation et par un affect, ce qu'on appelle respectivement le représentant-représentation et le représentant-affect. L'essentiel des théories freudiennes de la pulsion est développé dans Pulsions et destins des pulsions.
Dans ce texte nous devons retenir que la pulsion se définit selon quatre modalités :
* La source : D'où vient l'excitation corporelle ? De quelle partie du corps ?
* La poussée : La pulsion crée une tension constante elle est toujours, quoiqu'il arrive, active ;
* Le but : Le but de la pulsion est d'atteindre la satisfaction, ensuite le mode de satisfaction varie ;
* L'objet : C'est ce par quoi la pulsion va atteindre son but.
De plus, la pulsion a quatre destins :
* Le retournement en son contraire : par exemple l'amour se transforme en haine ;
* Le retour contre le moi propre : ce qui est rejeté à l'extérieur revient vers le moi du sujet ;
* Le refoulement : la représentation (représentant-représentation) associée à la pulsion devient inconsciente ;
* La sublimation : le dépassement du symptôme dans une demande qui peut être satisfaite.
La psychopathologie psychanalytique a évolué dans le temps : de son vivant, Freud a eu recours à de nombreux remaniements ; après lui, de nombreux débats envisagent les pathologies sous des angles différents. Certains repères sont cependant constants. La psychopathologie qui suit ne saurait satisfaire l'ensemble des analystes, mais éclaire simplement les grandes catégories généralement considérées. Freud opposait déjà névrose, psychose et perversion. On distingue également des pathologies frontières entre névrose et psychose.
La névrose est la pathologie du conflit psychique, qu'il s'agisse de doute ou de culpabilité, d'angoisses etc. Sa particularité réside dans le refoulement qui est la conséquence du conflit psychique et des symptômes qui s'ensuivent.
La psychanalyse en explique l'émergence du fait de l'impossibilité de satisfaire une pulsion dans la réalité. La pathologie apparaît alors comme un compromis : le symptôme. La guérison emprunte selon Freud trois voies :
* suppression de la maladie par la réflexion : le malade fait face et surmonte sa faiblesse, rejette ce qui est le résultat d'une période infantile du moi ;
* les pulsions retrouvent leur voie normale de développement;
* la sublimation, qui pour Freud serait la meilleure voie, permet à la personne d'investir l'énergie libidinale et/ou agressive dans des activités à contenus non sexuels ou non agressifs. C'est aussi un des quatre destins pulsionnels.
Plusieurs névroses sont distinguées :
* Hystérie
* Névrose obsessionnelle
* Névrose phobique (ou hystérie d'angoisse)
Pour Freud, il est clair que le travail de culture implique des renoncements qui parfois amènent à des névroses ou autres troubles psychiques. C'est l'impossibilité de ce renoncement qui conduit à la névrose ou à d'autres "solutions" (délire, retrait psychique, perversion, etc.). La pulsion sexuelle (libido) ne peut faire l'objet ni d'un interdit absolu ni d'une satisfaction totale. Le compromis névrotique est une voie de dégagement mais il peut induire une énorme souffrance et c'est ce qui conduit quelqu'un à souhaiter et à entreprendre un traitement psychanalytique.
Par opposition à la névrose, les symptômes de la psychose ne sont pas tant conséquence du refoulement que de son échec. Chez le psychotique domine un conflit entre les exigences pulsionnelles et la réalité, dans lequel le mécanisme de défense de projection occupe la place centrale.
Plusieurs psychoses sont distinguées et les recherches sont toujours en cours :
* Démence précoce, aujourd'hui dénommée Schizophrénie
* Paranoïa
* Psychose maniaco-dépressive
Certains psychanalystes s'intéressent à des mécanismes psychotiques en dehors de la psychose, tels que la projection, l'identification projective, les facteurs schizoïdes de la personnalité.
Ce terme n'a pas été utilisé par Freud. Les "cas limites", à la frontière, ne relèvent ni de la simple névrose, ni de la psychose ni encore de la perversion. Il s'agit là d'une catégorie descriptive, puisqu'aucune étiologie commune ne permettrait de rendre compte des problématiques fort différentes que supposent les différents états limites. Le trouble de la personnalité borderline se comprend donc comme métaphore. La notion d'état limite est cependant par elle-même critiquée et la définition qu'en donnent le DSM et la CIM sortent complètement du modèle psychanalytique dans le sens où elles en font une maladie à symptômes déterminés, fixés et même réifié. On parle alors de "naturalisation" du symptôme, vision opposée à celle de Freud et de ses successeurs.
La perversion est corollaire de la notion de sexualité infantile et de ses évolutions. Selon la formule célèbre, « L'enfant est un pervers polymorphe » - dans le sens où la pulsion se satisfait aux plaisirs d'organes, indépendamment du but et de l'objet. Ceci est à différencier d'une perversion structurée d'adulte où le plaisir d'organe et ses conditions priment sur la génitalité. La perversion prend cependant un autre sens en psychanalyse, puisqu'elle en vient, à partir de la sexualité, à désigner une structure, une réalité psychique particulière. Cette perversion s'oppose à la névrose, puisque le refoulement de la motion sexuelle n'a pas lieu. Mais cette structure n'est pas non plus la psychose, puisque il n'y a pas construction d'une nouvelle réalité.
Freud, à partir de l'étude du fétichisme sexuel, en vient à décrire la perversion comme « solution » face à l'angoisse de castration, donc comme mécanisme de défense face à une angoisse de type névrotique. Cette solution est le clivage : une partie de la personnalité reconnaît la castration, l'autre la dénie, ces mécanismes (le clivage et le déni) appartenant aux solutions psychotiques. Ce modèle de la perversion en fait donc une structure à part, et à part entière.
Presque en même temps que ses « Etudes sur l’hystérie » qui ont été publiées en 1895, Freud avait déjà découvert, avec cette jeune science de l’inconscient qu’il était en train d’inventer, qu’il pouvait, à partir des mécanismes de formation des symptômes hystériques, rendre compte également de la fabrication d’autres symptômes, obsessions, phobies et psychoses. Ainsi faisait-il ses premiers pas dans ce repérage nécessaire de la structure et de la différence, d’une part entre l’hystérie et la névrose obsessionnelle et d’autre part, entre la névrose et la psychose. Ce ne furent que des premiers pas, mais ils furent quand même décisifs au moins au sujet de la névrose. Ces mécanismes sont décrits dans deux articles qui ont pour titre « Neuropsychoses de défense »[4], de 1894, et « Nouvelles remarques sur les neuropsychoses de défense »[5], de 1896. Dans le premier texte, il réussit à décrire comment se forment un symptôme hystérique ou une obsession. Ce qui les départage, c’est la possibilité ou non de pour chacun de transformer une souffrance psychique en souffrance corporelle. Quand cette possibilité n’existe pas, ou n’est pas suffisante, cette souffrance reste dans le psychique et se traduit par des obsessions. Une obsession est une idée qui vient au sujet, sans qu’il puisse la chasser de son esprit, même si, par ailleurs, elle lui parait totalement saugrenue. De ces obsessions, Freud en donne déjà quelques exemples, l’obsession pour quelques femmes de se jeter par la fenêtre ou encore de blesser leurs enfants avec un couteau[6]. On ne peut se libérer de ses symptômes, hystériques, au niveau du corps, et de ses obsessions dans le psychisme, que si l’on réussit à retrouver leur sens refoulé par le travail de l’analyse. Ce sens, selon la découverte freudienne, est toujours sexuel.
Freud, en ce premier temps de l'élaboration de la psychanalyse, a déjà découvert, que dans le délire, la représentation dite inconciliable qui a été littéralement arrachée hors du conscient, rejetée, forclose, dira Lacan, ne laisse aucune trace inconsciente, et revient par contre se manifester en clair dans le délire. Tel est le délire du Président Schreber, où ce qui n’avait pas été assumé par lui d’une position féminine par rapport au père a donc ressurgi dans son délire avec son idée d’être transformé en femme, de devenir l’épouse de Dieu et d’en recevoir des milliers d’enfants nés de son esprit. Ainsi cette première approche de Freud, en sa nouveauté, préfigure-telle ce que Lacan avancera plus tard de la forclusion du Nom du père, comme étant un mécanisme propre à la psychose.
À l'origine de la cure, une personne demande de l'aide à quelqu'un (le psychanalyste) qu'elle suppose savoir pourquoi elle est en difficulté. L'analysant (ce terme est utilisé par certains depuis Lacan, pour marquer que la personne qui engage une cure est active et engagée dans un travail personnel devant le psychanalyste) évoque les divers aspects de sa vie, ses répétitions douloureuses, ses symptômes, ses rêves, etc. L'analyste, dans cette « écoute flottante » préconisée par Freud, va intervenir pour aider l'analysant à aller plus loin, pour mettre en valeur un dire, en reprenant un mot, en ponctuant un silence, en posant une question...
La cure psychanalytique classique comporte un cadre : un divan, un analyste (que le patient ne voit pas) ainsi que des règles fondamentales comme l' association libre (le patient est invité à dire tout ce qui lui passe par la tête), la régularité et le payement et le prix des séances, etc...
Il est important de signaler que, pour certains psychanalystes, le paiement, pour des raisons pratiques, symboliques et thérapeutiques, doit se faire en liquide, à l'issue de chaque séance. La justification, argumentée, en est que la dette de l'analysant doit être réglée sur le champ, sans la laisser s'accumuler au fil du temps : l'analysant doit être libre d'interrompre sa cure après chaque séance (moyen de marquer que l'analysant n'est pas prisonnier d'un contrat de longue durée, ni dans un groupe de type sectaire), et ne rien devoir à son analyste.
Le patient formule d'abord un contenu manifeste et dans lequel se dissimule un contenu latent, inconscient. Le psychanalyste invite, guide son patient à analyser et interpréter, en fonction de son histoire, ces contenus inconscients.
Par associations, de manière inconsciente, la biographie, peu à peu, va se dire différemment et les symptômes évoluer de telle sorte que l'analysant saura ne plus leur être soumis et trouver ainsi sa place de sujet dans les divers liens sociaux. En fin de cure, si celle-ci se termine, il aura compris, concrètement, que le sujet supposé savoir n'est pas le psychanalyste, mais lui-même.
Mais le moteur de la cure psychalnalytique est le transfert, réédition d'affects liés à ses relations infantiles et projetés sur l'analyste. Ce transfert est également à analyser et à interpréter. Simultanément, l'analyste constatera en lui un contre-transfert, c'est-à-dire sa propre réaction au transfert du patient sur lui.
La psychanalyse classique a elle-même évolué, du temps de Freud et par la suite. Au début de ces cures, Freud était assis en face du patient, puis il s'est assis de manière à ne plus être vu par le patient, afin d'éviter que des attitudes inconscientes de l'analyste puissent influencer le patient.
Freud considéra, en un premier temps, le transfert comme un obstacle à la cure, avant de se mettre à l'étudier et à l'utiliser. De même, le contre-transfert lui parut d'abord négatif, mais il est à présent utilisé par les psychanalystes comme un moyen de comprendre le transfert du patient et d'avoir accès à ses propres réactions inconscientes. Ainsi d'une cure à l'autre, le psychanalyste n'est jamais « identique à lui-même », il évolue par la progressive découverte de son propre inconscient et de la compréhension plus profonde des phénomènes de transfert et de leurs évolutions. Ceci explique la grande difficulté de comparer des cures entre elles, soit menées par des psychanalystes différents soit pour un même psychanalyste d'une période à l'autre. La dimension singulière de l'expérience d'une cure analytique rend pour le moment une approche scientifique classique très réductrice, sauf à considérer de très grands nombres de cure, mais les résultats en seraient de faible apport théorique (les appréciations étant très largement subjectives).
Au cours de la cure psychanalytique, le patient prend conscience de nombreux fantasmes, notamment au travers de l'analyse et de l'interprétation du transfert. Il s'agit aussi d'un travail quasi historique sur la biographie (psychique) du sujet.
Le transfert est ensuite résolu et la phase intense de l'analyse se termine. Toutefois, une fois ce processus de compréhension de sa psychée enclenché par le patient, l'analyse ne cesse jamais vraiment : elle entre dans les processus habituels de réflexion de la personne affrontée à des difficultés intérieures ou extérieures.
Le psychodrame de Moreno amena les psychanalystes à remanier ce procédé afin de créer le psychodrame analytique.
Psychodrame analytique individuel [modifier]
Icône de détail Article détaillé : Psychodrame analytique individuel.
* Le psychodrame analytique individuel regroupe un psychanalyste meneur de jeu, un patient et plusieurs analystes cothérapeutes. Le meneur de jeu ne participe pas aux scènes. Le psychodrame comprend plusieurs temps :
o Le temps de l'élaboration de la scène, discours entre le patient et le meneur de jeu ;
o Le temps du jeu, dans lequel prime la figuration y compris gestuelle, l'association libre, et qui se comprend souvent comme transitionnel ;
o Le temps de l'interprétation, dans lequel le meneur de jeu renvoie au patient ce qu'il a mis dans la scène.
* Si le jeu permet une élaboration plus facile, et recommande le psychodrame pour des individus très inhibés ou souffrant de difficultés quant à la représentation, l'interprétation et le transfert latéralisé assurent une thérapeutique spécifiquement analytique.
* Le jeu psychodramatique est souvent comparé aux restes diurnes d'un rêve.
Psychodrame analytique de groupe [modifier]
Icône de détail Article détaillé : Psychodrame analytique de groupe.
Il faut distinguer le psychodrame analytique de groupe et le psychodrame analytique en groupe ou un patient se retrouve dans un groupe de deux ou trois cothérapeutes.
Le psychodrame analytique de groupe se fonde sur les mêmes principes que le psychodrame individuel. Il y a « couple thérapeutique » , c'est-à-dire un thérapeute homme et un thérapeute femme, et les patients eux-mêmes se font cothérapeutes. Il y a, éventuellement, un observateur, spectateur hors des enjeux de la scène. Les phénomènes de groupe sont alors particulièrement pertinents (par opposition au psychodrame analytique individuel, dans lequel les phénomènes de groupe sont finalement restreints aux cothérapeutes).
Le rôle des patients définit des indications spécifiques, celles de patients capables d'écouter les autres, d'être sensibles à d'autres problématiques, pouvant participer à des scènes qu'ils n'ont pas construites. Le psychodrame de groupe sera souvent à visée de formation.
Freud donne ce nom à un scénario imaginé à l’état de veille, soulignant ainsi l’analogie d’une telle rêverie avec le rêve. Les rêves diurnes constituent, comme le rêve nocturne, des accomplissements de désir. Leurs mécanismes de formation sont identiques, avec prédominance de l’élaboration secondaire. Comme source commune et modèle normal de toutes ces créatures fantasmatiques, on trouve ce qu’on nomme les rêves diurnes de la jeunesse, auxquels on a déjà accordé dans la littérature une certaine attention même si elle n’est pas encore suffisante. Dans la rue, on reconnait facilement néanmoins celui qui est pris dans un rêve diurne à un sourire subit, par où il signale le point culminant de la situation dans son rêve. La fonction de perturbateurs du sommeil et de formateurs des images du rêve est assurée par ce qu’on appelle les restes diurnes, processus de pensée investis d’affects, provenant du jour du rêve, et qui ont dans une certaine mesure résisté à l’abaissement générale du sommeil. On découvre ces restes diurnes lorsqu’on ramène le rêve manifeste aux pensées latentes du rêve. Ils sont des fragments de celles ci et appartiennent donc – qu’ils soient conscients ou demeurés inconscients – aux activités de la veille, qui peuvent se poursuivre pendant le temps du sommeil. Correspondant à la variété des processus de pensée dans le conscient et l’inconscient, ces restes diurnes ont les significations les plus nombreuses et les plus diverses. Il peut s’agir de désirs inassouvis ou d’appréhensions, de tentatives pour s’adapter à des problèmes qui surgissent, etc. Dans cette mesure il faut évidemment que la caractéristique dont il s’agit apparaisse justifiée du point de vue du contenu reconnu par l’interprétation. Mais ces restes diurnes ne sont pas encore le rêve, bien plus il leur manque l’essentiel de ce qui constitue le rêve. Ils ne sont pas capables à eux tous seuls de former un rêve. En toute rigueur, ils ne sont que le matériel psychique dont a besoin le travail du rêve, tout comme les excitations sensorielles ou corporelles survenant d’une manière contingente, ou les conditions introduites expérimentalement, forment son matériel somatique. Leur attribuer le rôle principal dans la formation du rêve ne signifie rien d’autre que répéter à une autre place l’erreur préanalytique, qui était de croire que les rêves sont expliqués du moment qu’on a mis en évidence une mauvaise digestion ou une pression sur un endroit de la peau. Tant il est vrai que ces erreurs scientifiques ont la vie dure et sont toujours prêtes, si on les écarte, à revenir subrepticement sous de nombreux masques. Pour autant que nous ayons pénétrer cet état de fait, nous devons dire que le facteur essentiel de la formation du rêve est un désir inconscient, généralement un désir inconscient infantile maintenant refoulé qui peut venir à s’exprimer dans ce matériel somatique ou psychique (donc également dans les restes diurnes) et pour cette raison lui prête une force lui permettant, même pendant la pause nocturne de la pensée, de forcer le passage jusqu’à la conscience. Cette fois l’accomplissement de ce désir inconscient est le rêve, même si celui ci contient par ailleurs, comme toujours, avertissement, réflexion, aveu, et la partie par ailleurs non liquidée du riche contenu de la vie éveillée préconsciente qui se prolonge dans la nuit. C’est le désir inconscient qui donne au travail du rêve son caractère particulier, celui d’une élaboration inconsciente d’un matériel préconscient. Le psychanalyste ne peut caractériser le rêve que comme le résultat du travail du rêve. Il ne peut mettre les pensées latentes du rêve au compte du rêve, il doit le mettre au compte de la réflexion préconsciente, bien que ce soit d’abord par l’interprétation du rêve qu’il ait pris connaissance des ces pensées. En même temps s’ajoute au travail du rêve l’élaboration secondaire opérée par l’instance consciente. On peut en faire abstraction sans rien changer à la conception présentée. On devrait dire alors : le rêve au sens psychanalytique du terme comprend le travail du rêve proprement dit et l’élaboration secondaire du résultat de ce travail.
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